Dors bien, dors bien, mon enfant,
Car sur ton berceau s'attardent
Le soleil, l'aigle et le vent
Que je t'ai donnés pour gardes.
Dans l'eau, le soleil descend,
L'aigle rentre dans son aire,
Mais, après trois nuits entières,
Chez sa mère accourt le vent.
Elle dit : « Quel fut ton lot ?
Où déferlaient tes rafales ?
As-tu soulevé les flots ?
Ou dérangé les étoiles ? »
« - Je n'ai point troublé les eaux,
ni soufflé sur les étoiles ;
j'ai bercé dans son berceau
l'enfant d'une haleine égale. »
Apollon MAIKOV (1821-1897)